Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 16:39

MA PREMIERE VRAIE TRANSJURASSIENNE

12 Février 2012 - Lamoura / Mouthe

 

14 novembre 2011, devant mon ordinateur.

Dernier jour des inscriptions au 1er tarif de la Transjurassienne 2012.

"inscription". Je clique ?

Non. Je ne m'inscrirai pas. En cette période de difficulté professionnelle, étant donné la baisse de mes revenus prévue en 2012, je ne peux me le permettre. Cela signifie : pas de carte neige, pas de forfait saison et pas de fréquents déplacements sur le massif. Je m’autorise tout de même quelques déplacements dans le Jura pour skier un peu, donner des bouffées d’oxygène à cet hiver difficile qui m’attend.

 

Novembre, décembre, janvier… Un peu déprimée, sans objectif sportif particulier, je ne fais pas grand-chose de l’automne ni même de l’hiver. Quelques sorties vtt, mes rollers prennent la poussière et je ne sais même pas où j’ai rangé mes ski-roues au printemps dernier. 3 ou 4 sorties neige seulement…

 

Début février : je prend subitement conscience que je pourrais peut être m’inscrire sur un site de co-voiturage pour me rendre dans le haut Jura plus souvent. Justement sur co-voiturage.fr « Thierry » fait la transju, départ de Dijon. Je décide de profiter du trajet et d’aller encourager les valeureux skieurs, dont Yves et Charlotte inscrits sur les 76 km. Je me dis que je pourrai skier un peu.

 

Vu les conditions climatiques annoncées, -18° avec de la bise (donc gros vent glacial de face tout du long), je suis bien contente de ne pas être inscrite. Je me demande même comment je réussirai à aller encourager mes amis sans me transformer en glaçon !

 

Jeudi avant la Transju – 3 jours.

16h00, je reçois un mail de Charlotte. Résumé de nos échanges :

Charlotte - J’ai décidé, non sans mal, de ne pas venir à la transju ce week-end…

Claire - Ah snif snif alors et moi qui me réjouissais de te voir. Je peux récupérer ton dossard et courir à ta place ?

Charlotte - Tu veux faire la course ou tu blagues ? Voir avec Yves si c’est possible, pas de souci pour moi  (…) Je t’offre mon dossard.

Le problème est qu’on ne peut plus, selon le règlement, faire des changements de dossard à partir du 3 février. Dommage, mais j’y crois quand même un peu.

 

Vendredi matin avant la Transju – 2 jours.

« Alo, oui bonjour, j’ai une amie qui ne peut pas courir dimanche et j’aimerais récupérer son dossard, c’est possible ?

Oui, pas de problème, votre nom ? »

 

Et voilà comment 2 jours avant, sans aucun entraînement mais avec une joie immense, je me retrouve avec le dossard 1857 de la mythique transjurassienne 76 km, annoncée dans des conditions dantesques et avec une neige très lente, très exigeante à skier pour moi car je ne fais du ski de fond que depuis 1 an. Je n’ai à mon actif que 2 courses de ski, la transju 2011 (42 km) et la savoyarde 2011 où j’ai abandonné !

 

Je prévois d’abandonner, je pense que ce sera infaisable. J’ai regardé sur la carte les endroits où ce sera plus pratique d’abandonner (il faudra que je trouve une navette pour m’amener à Mouthe récupérer mon sac).

 

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C’est parti pour l’aventure !

 

J’ai l’immense faveur d’être hébergée chez Yves et Gabrielle. J’avoue que ça aide beaucoup d’entrée de jeu ! La veille, on s’échauffe 1h en ski, Yves me donne quelques conseils techniques que j’aurai tout le temps de peaufiner le lendemain.

Gabrielle me recommande de multiplier les couches chaudes afin d’éviter que je me transforme en glace à la viande… Je prévois donc des couches plus épaisses, avec ma polaire en supplément !

 

Et voilà, ni une ni deux, je me retrouve sur la ligne de départ. Trop bien ! Même pas peur ! Ca caille mais je suis bien habillée, donc c’est très supportable pour moi.

Je suis en 2ème ligne, ça part à fond, je me fais doubler, doubler, doubler. Je ne veux pas suivre l’enthousiasme du départ pour ne pas trop me fatiguer et devoir abandonner à Prémanon, et de toutes façons je ne sais pas skier vite !

 

La 3ème ligne me rattrape dès la Serra, et je me fais doubler, doubler, doubler… mais bon, je sais que ma véritable place aurait du être la 4ème ligne et non la belle 2ème ligne digne de Charlotte. Parallèlement et je sens ma température corporelle monter, monter, monter… Engoncées dans mes 5 épaisseurs de fringues, je me débats comme je peux contre mes deux tours de cou, avec l’aide de mes imprécises moufles. L’humidité de ma respiration les rend gluants et ça gèle. On fait pas la transju pour être sexy !

 

J’adopte un petit rythme bien à moi et j’avance gentiment, je me sens bien, très bien même ! Au premier ravitaillement, à Prémanon (10h20), à la stupeur des personnes à côté de moi, je me déshabille pour retirer ma polaire et un de mes tour de cou. Il est tout gelé ratatiné ! Je donne le tout à un bénévole qui ira le rendre à Yves. Son implication dans la vie locale (le mot implication est faible… dévouement ?) fait qu’il est connu de tous, ça aide aussi pour ne pas perdre ses habits !

 

Me voilà repartie, les choses sérieuses vont commencer ! Je me sens mieux, plus légère ! Gabrielle et l’adorable Florine m’encouragent dans la montée. Hop hop hop c’est reparti. Je suis étonnée de me sentir si bien. J’admire au passage le gîte de l’Ancolie, avec une pointe de regret si les lecteurs me connaissent bien, ils comprendront… (tout) Doucement mais sûrement je continue, j’essaie de m’appliquer, de bien faire glisser mes skis, de me grandir. Comment ça je ne ressemble pas à Sandrine Bailly ?

 

Je prends un premier « coup de fouet ». Je n’ai pas l’habitude de consommer ces produits là mais étant donné que je termine chaque course en hypo, je me dis que je devrais peut être essayer ! L’ambiance aux rousses c’est de la folie, pourtant, je pointe mes spatules bien longtemps après les premiers ! Au moins je ne subis aucun embouteillage dans la montée de l’opticien, le trafic est fluide. Je me fais encore doubler, encore et encore.

 

Les choses se compliquent un peu après les Rousses, la bise s’engouffre dans la vallée de Bois d’Amont et ça pique le nez ! J’arrive à me cacher derrière de grands gaillards, mais on est quand même moins abrité qu’en roller. Je me force un peu à rester au contact. J’ai une technique bien particulière : dès que je décroche, j’arrête de pousser avec les bâtons. En 3 poussées de jambes je reviens déjà ! Dès que le profil devient plat ou légèrement descendant, tout le monde reste en deux temps, mais je préfère de loin le 1 temps, le geste est plus reposant, fluide et symétrique. Et je ne comprend pas pourquoi, je suis plus rapide en pas de 1. Je ne vais tout de même pas faire du chasse neige pour rester dans la file ! Alors je double, dans la tempête je double et hop, dès que ça monte, je me cache dans la file indienne. Ruse de sioux…

 

J’arrive enfin à Bois d’amont à 12h25. J’ai légèrement mal aux lombaires et aux trapèzes. La boucle de 8 km qui passe en suisse a été supprimée à cause du vent. Ouf ! Cette partie « fluide glaciale »  n’était pas de la tarte… Mais je n’ai pas froid, contrairement aux autres concurrents, ils ont tous l’air gelés !

 

Me voici au pied de la terrible montée du Risoux. J’avale un second coup de fouet. Qui veut voyager loin ménage sa monture, moi je ménage mes skis ! C’est à 2 à l’heure que je monte, les parties les plus raides en pas de montée, tant pis pour le style à la Sandrine Bailly. Cela n’empêche pas les nombreux spectateurs de m’encourager ! Et cette montée, je la connais. Un peu de patience, je serai aux Ministres. Il fait un temps magnifique, on attaque la côte avec un léger vent de dos, c’est très agréable. Au virage, la forêt nous abrite complètement de la bise. A la clairière, je scrute le paysage, il parait que les Grands Tétras pullulent dans le coin… J’arrive à rester dans la file de droite, des plus rapides me doublent à gauche. Mais ils sont moins nombreux maintenant.

Un petit replas et hop, la fabuleuse Sansan s’envole en pas de 1 et remonte ceux qui ont osé la doubler dans la côte. Une petite côte et hop, je reprend le rythme escargot, et les doublés me redoublent ! Ainsi va la vie…

 

Je suis aux ministres à 13h00, pause pipi, carburant, 3 thés comme d’habitude et je repars avec du chocolat dans les joues (phase de décongélation…). Je trimbale inutilement une gourde puisque le goulot est gelé. Je me sens bien ! Incroyable… mais je sais que la suite est difficile, il y a encore des bosses, on m’a averti. « Qui voit les Ministres voit Mouthe à coup sur » enfin… peut être avec le vent dans le dos ! Mais je me sens vraiment en forme et pour l’instant aucune baisse de motivation, le moral est au beau fixe, j’ai bien chaud, j’ai du jus, je piplette aux ravitos, je n’envisage pas encore d’abandonner !

 

Je double plein de gens dans la descente de Bellefontaine. Ils sont tous en chasse neige sur le verglas, moi je me met dans la farine qu’ils poussent sur le côté, c’est impeccable. Après Bellefontaine il y a tellement de vent que le panneau 25km (restant à parcourir) est couché par terre. Je fais un rapide calcul : je devrais être à Mouthe à 16h. Faut pas trop trainer, mon chauffeur pour Dijon est certes très gentil mais je ne vais essayer pas le faire poireauter trop longtemps. Motivation supplémentaire, je repars pleine de jus dès qu’il y a du plat. Je pense à mon mari, ma fille, mes amis, à tous les athlètes que j’admire, et je vais bien. J’y arriverai. Sauf que ça monte encore. Aller courage.11637319

 

A Chapelle, les 1ers du 30 km me doublent comme des avions et s’engouffrent dans la deuxième grande partie de bise sans même prendre le temps d’admirer le paysage. Moi cette transju, je la savoure, je l’avale pas comme ça, à 30 km/h ! Aucun respect…

La technique de Sioux fonctionnant plutôt pas mal, je recommence ici aussi. Ce faux plat montant ne me réussis pas, je suis souvent obligée d’arrêter de pousser avec les bras pour recoller. Et puis il y a les grosses bosses avant d’arriver sur Chaux Neuve, mais la descente en récompense où je slalome avec un style étonnant (genre madame Patate) entre les gens tombés.

 

Reste 10 km ! J’en reviens pas ! Je ne m’arrête pas au Ravito de Chaux Neuve, mais je me retourne pour admirer les tremplis. Je suis en train de skier sur la piste des champions !!! Go Seb, Go Jez, Go moi ! Je ne m’arrête pas non plus au Ravito de Petite Chaux. Je peux faire pas mal de 1 temps ici, je prends beaucoup de plaisir à cet exercice. Et je double encore ! Comment est ce que cela se fait que j’ai encore du jus comme ça ? En 1 temps j’ai l’impression d’être sur les skis depuis 10 minutes, je ne ressens aucune fatigue. Je franchis la ligne à 16h10. 07h35 de course, même pas mal. L’organisation nous prend en charge, les skis, tout est rôdé c’est top.

 

Je suis très heureuse d’être arrivé au bout, presque autant que si j’avais gagné !  Vu les conditions et ma condition, je peux être contente. Lorsque je prends le car pour rentrer, le crépuscule allonge les ombres et l’horizon rougeoie sur les montagnes enneigées, le spectacle est grandiose. Quelle journée !

 

J’admire la bravoure des bénévoles aux petits soins pour nous qui ont du se cailler grave toute la journée, et la veille aussi, et les jours précédents pour tout installer. Je remercie bien évidemment Charlotte et son geste généreux de m’offrir son dossard, mais elle sait qu’elle devra en baver sur son VTT en contre partie… Et puis toute la famille Grandclément qui m’accueille toujours les bras ouverts pourtant je squatte souvent ! Et aussi tous ceux qui m’ont soutenue, ils étaient peu nombreux étant donné que peu savaient que je participais !

 

Yves lui a abandonné avant Bois d’Amont, il était frigorifié. Il a suivi depuis chez lui ma progression car les temps intermédiaires sont enregistrés et affichés sur le site. Il était visiblement aussi heureux que moi lorsque j’ai franchi la ligne !

 

Le lendemain tout va bien, juste 2 kg en moins, des petites courbatures un peu partout, moyennes courbatures aux obliques et du mal à sortir de la sièste ! Objectif : 1h de moins l’an prochain ? Ou le marathon d’Engadin ?

Par Clairette - Publié dans : clairette-roulette
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Dimanche 16 juillet 2006 7 16 /07 /Juil /2006 11:16
Clairette et Fabrice, Dijonnais depuis début 2007 mais avant basés sur RAISMES près de Valenciennes dans le Nord. Roller, VTT ... vive les vacances du mois d'aout !

La GTMC par Clairette 2006 Grande Traversée du Massif Central à VTT

 

Par Clairette - Publié dans : clairette-roulette
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Dimanche 16 juillet 2006 7 16 /07 /Juil /2006 10:58
24 heures du Mans roller 2006
Speedy Girls, Squeezy Girls !
 
Prenez :
10 rouleuses des 4 coins de la France
un coach expérimenté, ambitieux et à l’écoute
une énorme dose de motivation
une volonté inébranlable
une louche d’humour
 
Mélangez avec :
Une course de roller de 24 heures sur le Bugatti,
Quatre poignées de concurrentes acharnées
 
Et saupoudrez le tout avec une canicule torride,
 
Cela vous donne :
  
 
 
Puc Speedy girls,
ou l’histoire fabuleuse d’un podium
 
 
Samedi 1er juillet, les filles arrivent au compte-goutte. « Allo, où es tu » ? Le rendez-vous est donné box 22. A 14 heures, Nadia s’élance pour les qualifs. Elle réussit brillamment à placer l’équipe dans le 1er tiers. A 15h tout le monde est là. Pour la plupart nous découvrons Walter, notre coach qui nous donne la stratégie de course. Nous mourrons toutes de trac (et de chaud !), peur de faire des temps de minable…
 
À 16h00 Aurélie s’élance et enfile ses patins en moins de 30 secondes. Elle remonte rapidement les 270 places et avale les deux tours à une vitesse impressionnante…
 
Chacune à la suite nous prenons les relais jusqu’à 20 heures. Walter enregistre nos temps : 8’15 ; 8’30 ;8’05… bien bien bien… 3 sous groupes sont constitués pour la nuit. Rapidement, nous prenons conscience de la concurrence : SKF Women, mais ce n’est pas une surprise : nous connaissons bien la plupart les filles … Niedersachsen Girls, des Allemandes de Hanovre et Surprize Girlz encore des allemandes.  
 
A 19 heures nous sommes en bataille avec les Surprize Girlz pour la 3ème place. Les allemandes de Hanovre étant pour l’instant à la 2ème place. Chacune d’entre nous prend des relais à 100%, à 200% même. L’ambiance est extra dans notre groupe et dans notre box, nous nous stimulons mutuellement et ces allemandes qui nous talonnent … nous nous défonçons comme des lionnes en descendant sous la barre des 8mn pour défendre notre place : 7mn40s puis 7mn44s nous prouvent que nous pouvons encore plus donner.
La nuit arrive, les sous groupes se constituent et dans les box, ça hurle « aller les bleus, aller les bleus ».
 
Vers minuit, d’un coup, les surprize girlz s’envolent à la 2ème place et nous mettent 4 tours en quelques heures, se rapprochant dangereusement des SKF Women. Nous sommes 4ème et les filles de Hanovre ne sont qu’à un petit tour devant nous … Et pendant ce temps, on ne lâche rien, on y croit tellement ! On s’était promis un podium, on l’aura coûte que coûte !
 
01h, 02h…de coup de patin en coup de patin, de dunlop en dunlop, de relais en relais, ça y est, on est devant, on est 3ème ! La bataille est rude, on a quelques minutes d’avance…surtout ne rien lâcher…
 
Vers 04h, notre coach, épuisé, s’allonge mais au bout d’1/2 heure tout va mal : les allemandes sont revenues, le sous groupe de 4 s’épuise, Sophie et Nadia sont à bout et contraintes à abandonner. Elles ont vraiment donné leur maximum… et le tendon d’Achille de Nadia la fait souffrir.
 
Heureusement, la relève arrive, on revient sur elles petit à petit…à 07h on est repassé devant, en y croyant à chaque relais. A 09h00 on arrête les sous groupes, nous sommes toujours 8 en course. Les filles les plus en forme prennent davantage de relais. L’écart se creuse, se réduit, se maintient, continue à se creuser … entre 1 et 5 minutes, c’est dur !
 
Enfin de matinée, on pense avoir un tour d’avance. Il faut rester vigilantes, c’est là qu’elles vont nous sortir leur grand jeu. Mais nous aussi ! Le mental continue à jouer, nous sommes toujours autant combatives.
Le petit stratagème du coach fonctionne sur une dizaine de tours, que cela plaise aux allemandes ou non : nous roulons en binôme avec l’équipe de vétérans du PUC qui est dans le même box que nous. Du coup, eux comme nous se sentent pousser des ailes, et nous explosons nos chronos ! (et les juges ne trouvent rien à nous redire…)
 
Jana, une des filles les plus fortes du groupe se donne tellement qu’elle se fait un claquage… coup de stress, nous ne sommes plus que 7 et il va falloir tenir sans elle ! Mais nous y croyons !
 
A 14 heures, Aurélie qui a déjà fait le départ se réserve pour boucler les 3 tours de la fin. Mais là nous apprenons que les allemandes de Hanovre n’ont pas un tour et demi de retard mais un demi tour de retard sur nous !!! Et elles reviennent chaque tour de quelques secondes ! Coup de fouet immédiat sur nos chronos. Fanie, Charlotte et Claire qui se sentent encore un peu en forme, se relaient sur la dernière heure et demie, gémissant dans la côte et terminant quasiment en pleursà chaque tour. Fanie, pensant avoir terminé, se fait finalement faire happer par Walter pour faire un dernier tour !
 
Nous maintenons l’écart. 15h40. Au moment de passer le relais à Aurélie, nous savons que le podium ne pouvait plus nous échapper. Et nous avons eu raison de lui faire confiance ! Grâce à sa force mentale (et physique !) extraordinaire, elle a tout donné et a réussi à maintenir l’écart en faisant un tour de plus que l’allemande. Au moment du compte à rebours nous sommes toutes complètement folles, une ambiance terrible résonne dans les gradins, c’est extraordinaire !
 
Nous terminons donc 3ème féminines en 165 tours soit 689,70 km parcourus. Je vous laisse imaginer notre explosion de joie. Il nous restait encore un peu de force pour sauter comme des gamines dans tous les sens !!!
 
Les surprize girlz terminent en 171 tours et SKF Women à la première position en 173 tours.

 
Les réactions :
 
 
Clairette : Ca a été vraiment génial pour moi de partager ces moments très intenses. En tant que capitaine, ce n’était pas évident pour l’organisation en amont étant donné que nous venions toutes des 4 coins de France, mais j’ai reçu de sérieuses aides de la part de mes coéquipières.
Sur place, que du bonheur, une entente parfaite entre nous toutes et avec notre coach, une motivation communicative qui nous a bien réussi.
Côté performance personnelle je suis très contente puisque mon meilleur tour chronométré était de 7’58. J’ai tourné en moyenne vers 8’20 ou 8’25 contre 8’47 l’année dernière !
 
Christel : Un superbe week-end. Le partage d’une même passion, atteindre le même objectif le tout accompagner de bonne humeur et de franche rigolade. Une goutte de 200% et ça donne une place sur le podium.
SPEEDY GIRLS, SQUEEZY GIRLS.
Merci à vous toutes, merci coach !
 
 
 
 
Nadia : Je suis très contente d’avoir pu partager cette expérience avec l’équipe. Faire la connaissance de chacune a été géniale. Mon grand regret sera de n’avoir pas pu faire un tour en moins de 9’ et ma blessure bien sur. Par contre je ne m’en sors pas si mal pour le 300 m. Ce n’est que parti remise pour l’année prochaine. I’ll be back ….
Félicitation à toutes. Votre volonté et votre acharnement à rien lâcher m’a impressionné. Je me souviendrai longtemps de la tête de Fanny quand elle a compris qu’elle devait repartir pour un dernier tour. Merci à toutes et à Walter, ces premières 24h resteront longtemps gravés dans ma mémoire.
 
Jana : Quelle course de folie! C’était ma première participation et ainsi, déjà quelques jours avant, je commençais à stresser. Je ne savais pas ce qui m’attendait et la conclusion… c’était absolument génial. L’ambiance dans l’équipe, l’envie de se battre jusqu’au bout, tout le monde s’est défoncé, a donné 200%, mais aussi l’ambiance autour de nous était incroyablement bien. Je n’ai jamais vu une manifestation pareil et je le conseille à tout le monde de le vivre au moins une fois. Merci à tout le monde pour ce week-end qui sera pour moi mais je pense aussi pour tous les autres gravé dans notre mémoire. Merci.
 
 Charlotte : Pour une 1ère participation je suis gâtée : une ambiance fantastique, un esprit d’équipe solide, un soleil de plomb et un PODIUM gagné avec détermination ! Perso je suis fière d’avoir été au bout en ayant su gérer mon effort. Mon meilleur chrono : 8’07, pas mal pour un début !
 
 
 
Aurélie : C’était ma troisième édition des 24h du Mans et la seconde participation en équipe 100% féminine. Nous avions gagné en 2003 le classement féminin et je voulais absolument réitérer le podium cette année. Rouler avec ces 9 patineuses est bien différent de ce que je vis avec le World Team MMCmicro Salomon mais tout aussi enrichissant et surtout inoubliable. Avec des temps entre 7mn40s et 08mn15s, je suis fière de mes performances et de notre podium pour lequel on s’est vraiment donné à fond. Merci aux filles, au PUC & à Walter !

 
 
Fanie : Pour moi, c’était une grande première ! 1ère édition ambitieuse des 24h du Mans, et en plus en équipe féminine. J'ai apprécié de prêter main forte à Claire pour l'organisation. Après, ce fut un moment privilégié, teinté d'ambition, de joie, de profonde motivation. Toutes ensemble avons donné le meilleur : force, endurance, cohésion, fair play, pour relever le défi. Avec des temps entre 8mn09s et 08mn40s, je suis plutôt satisfaite, et déjà partante pour aller au delà l'an prochain!
Ma plus grande satisfaction, c'est de l'équipe que je la tire : mes 9 coéquipières de choc et de charme, ainsi que Walter, notre coach, grâce auquel nous avions juste à nous concentrer sur notre roulage. Vive le roller au féminin, bravo les PUC Speedy Girls ! Et...vivement 2007 !?!
 
Solen : Je pensais pas faire les 24 heures cette année, j’y allais depuis 2002 dans des équipes toujours très hétérogènes et sans grande « cohésion ». Et quand on m’a proposé de faire partie d’une équipe féminine, je me suis dit que j’allais faire une dernière fois Le Mans… et j’ai vraiment adoré cette équipe, un mélange de motivation et de bonne humeur. C’est la première fois que j’ai senti une telle volonté et solidarité dans une équipe des 24 heures, sérieuse au moment des relais et rieuse en dehors ; ça donnait vraiment envie de se dépasser (200 % comme dit Clairette). Je crois que je retournerai bien au Mans en 2007 … ;-)
 
Isabelle : J'ai été enchanté, honoré, de partager ces 24 heures du Mans avec 9 super nanas. Il n'y a eu aucune ombre au tableau, ambiance chaleureuse,  fraternelle, et surtout super bravo à notre coach qui a su nous mener sur le podium, nous soutenir, être présent à tout moment. Je ne regrette qu'une seule chose, c'est d'avoir eu ce satané mal de dos qui est arrivé trop tôt à mon goût, me freinant énormément dans mes performances escomptées. Le soutien moral de l’équipe, ma motivation, et ma détermination à ne rien lâcher m'ont permis de finir les 24 heures. Merci à toutes et encore BRAVO ! Meilleur temps l'année dernière : 8.45 et cet année : 8.24.
 
 
 
Sophie Je suis heureuse d'avoir fait le Mans dans l’équipe des Puc Speedy Girls, même si je n'étais pas du tout, comme je l'aurais voulu, en "condition physique", mais ça n'en reste pas moins une très bien expérience.
 
En plus, le Mans  c'est deux jours  que l'on ne peut pas oublier, bien différent, pour l'enjeu collectif, des autres courses, tout ça pour dire que j'ai depuis les patins qui me titillent... je reprendrai probablement l'année prochaine un entraînement plus sérieux... enfin un entraînement quoi ! Merci à toutes l’équipe, pour votre combativité, et votre tolérance ;)
 
 
Walter
  « La réussite allège souffrances et doutes »
 
  Mon seul mérite à été de mettre en place un grand puzzle pour emmener ces filles le plus loin possible. Je les félicite toutes de s’être surpassées à chaque instant et je les remercie d'avoir cru en moi.

 
Un petit mot pour la formidable édition 2007 :

La course féminine : les PUC Speedy Girls partent favorites

Chez les femmes, l’équipe PUC-Speedy Girls n’a pas fait dans le détail. Parties pour gagner, les 10 filles ont enfilé les tours en dessous des 8 minutes assez régulièrement, pour finalement prendre presque 20 tours (!!!) à leurs secondes, les Allemandes du ZDF Speedfuchs. Parfaitement drivées par Goyan, Martin et Arnaud (kiné), les parisiennes (pour l’occasion) ont su gérer leur avance et rester motivées jusqu’au bout. Une chose est certaine : avec de tels chiffres et de telles moyennes (voir plus bas), elles auraient pu inquiéter encore quelques équipes de garçons !
677,16 : c’est le nombre de kilomètres parcourus par les dix filles du team PUC-Speedy Girls. Ce qui fait 162 tours – soit plus que l’équipe masculine vainqueur de la première édition en 2000 !


Et le petit article de Charlotte :

Le week-end du 1er juillet avait lieu la 8ème édition des 24h du Mans roller : 6000 patineurs en effervescence sur le mythique circuit Bugatti et 24h de glisse au programme.

Pas (encore?) d'équipe RSCG mais 4 patineurs grenoblois étaient en place dans des équipes ultra ambitieuses : Fred avait intégré l'équipe 1 du LOU, prête à en découdre avec les ténors du circuit (Levallois, RPM Poli), tandis que Cyril et ses coéquipiers d'EO Anaeli renforcés de patineurs de pointe, n'avaient qu'un seul but : le podium.

De mon côté, forte de ma première expérience au Mans avec l'équipe PUC Speedy Girls l'année dernière (soldée par une belle 3ème place), je rempilai joyeusement cette année dans la nouvelle formation du PUC, celle-ci s'avérant bien relevée : Mathilde Bausseron, Chrystelle Bouchet, Aurélie Bouvet, Claire Campourcy, Caroline Jean, Stéphanie Lavergne, Claire Martinez, Léa Reguer-Petit et Daphnée Turpin comme co-équipières, que demander de mieux ?
Toutes équipées de roues Roll'X, des gels Squeezy plein les poches, également assistées de 2 super coachs, un masseur et une photographe, on étaient ultra chouchoutées et prêtes à ne rien lâcher!
Avec l'envie, la motivation, un planning de relais parfaitement efficace, et un bon esprit d'équipe en plus, le résultat ne pouvait être qu'implaccable: victoire féminine avec 162 tours effectués, 18 tours d'avance sur nos concurrentes (les allemandes du ZDF Speedfuchs) et pas une fausse note, ce n'est ni la pluie qui est arrivée dans la nuit, ni le vent présent toute la journée dimanche qui allait nous perturber! Nous terminons 22èmes au scratch, très heureuses !

Grosse perf également du côté de Cyril et Fred: leurs équipes respectives (EO-Tecknosport et le LOU Roller 1) sont également présentes sur le podium avec une magnifique 3ème place pour Cyril et 4ème pour Fred, impressionnants bravo à eux!

Charlotte"
 
Par Clairette - Publié dans : clairette-roulette
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Jeudi 13 juillet 2006 4 13 /07 /Juil /2006 08:30
Et c'est reparti pour l'édition 2006 ! RDV le 20 Aout ...
 

En attendant, voici mon récit de l'édition 2005 ... monté par ROLLERENLIGNE.COM

 
LA "ONE ELEVEN" : 111km AU COEUR DE LA COURSE
La "One Eleven" est une des courses de longue distance les plus connues en Europe. Elle déroule son parcours sur une longueur de 111km tout autour de la ville de Saint Gallen. Pour l'édition 2005, l'organisation a vu débarquer les patineurs des teams internationaux. Ils sont venus se joindre à quelques spécialistes de la longue distance tels que Franck Cardin (SAAB Salomon World Team), Tristan Loy, Matthieu Boher, ainsi que quelques patineurs suisses qui se sont particulièrement bien entraînés pour cet événement. Nous vous proposons ici deux récits distincts : celui de Clairette et le bilan des courses élites...
 
La course de Saint Gallen vue par les Yeux de Clairette
 
Le départ se fait depuis Dijon avec Fabrice, mon compagnon (et futur mari). Passage par Prémanon (Jura) où on retrouve notre ami Yves (qui deviendra par la suite notre très cher ami Yves), biathlète humble au grand coeur... Je ne peux pas dire grand-chose du trajet étant donné que j’ai « dormi par anticipation » !
 
Arrivés à St Gallen, on tourne en rond pour trouver le fameux « OLMA », on baraguine « roller speed » aux flics qui nous indiquent vaguement une direction, puis on suit une voiture de Français qui nous mène à bon port. Nous sommes très impressionnés déjà de la simplicité et rapidité pour retirer son dossard. Nous découvrons avec surprise et bonheur le confort de ce « OLMA », il y a de la place, même des nappes sur les tables ! Pas besoin de faire la queue pour manger, les serveurs du self sont rapides et c’est bien rôdé ! Pâtes, pour changer. Choix entre bolognaise, tomate ou carbonara. Aller aux toilettes est un bonheur, il n’y a pas de queue et c’est très propre, rien à voir avec les 24 heures du Mans ! On décide d’aller se coucher à 21h30, c’est très agréable de dormir sur leurs gros matelas en mousse (je m’attendais à des tapis de sols !), il n’y a pas un bruit, les lumières s’éteignent progressivement … malgré l’excitation de la course, on dort tous à peu près bien.
 
Le lendemain matin, lumières à 4h45 précises, sans difficultés vu tout ce que j’ai dormi la veille dans la voiture ! On est tellement content d’être au jour J qu’on se lève sans mal, petit dèj’ monumental et pas besoin d’attendre pour se servir, on peut même se faire des spaghettis bolo si on veut (secret de star : Ghislane a pris des pâtes). Dehors, à notre plus grande surprise, c’est sec et sans vent malgré toute la flotte de la veille. Le ciel est couvert, mais pour l’instant pas de pluie…je croise les doigts !
 
C’est le moment des dernières préparations : pipi (ma hantise d’avoir envie de faire pipi pendant la course…), pansements sur les talons, trouver le bon serrage des patins … Gloups, c’est déjà l’heure ! Grosse boule dans le ventre. Ca fait des mois qu’on pense à cette course, qu’on se prépare physiquement et psychologiquement et de penser que le départ est dans quelques instants, ça fait quelquechose ! Est-ce que je tiendrai le coup ? Qu’est ce qui va lâcher en premier, les cuisses ? Une chute ? Les pieds ? Envie de pipi ? Le moral ?
 
Je tâche de retrouver les filles et surtout Solen, que j’ai motivée il y a quelques semaines pour s’inscrire. Les filles qui le souhaitent peuvent partir d’un endroit différent. Il s’agit d’une rue presque parallèle, légèrement en contre-haut du départ des hommes. A peine le temps de s’avancer un peu dans le paquet et « pan !»  le top départ. Pour moi le moment le plus impressionnant de la course : Comme nous sommes plus en hauteur que les hommes, nous prenons tout de suite un peu plus de vitesse, surtout les Elites qui partent comme des balles devant. Du coup, quand on retrouve les hommes, on arrive au niveau du peloton de tête ! Moment extraordinaire, on patine quelques secondes (bah quoi, c’est déjà pas mal !) à côté des pros, c’est hallucinant ! Dommage que je ne tienne pas le choc, ce moment fut court mais plein d’émotion !
 
Je me fais doubler par pleins de mecs,  mais je ne m’en fais pas du tout. Je guette Fabrice qui ne devrait pas tarder à me doubler à son tour. J’essaie de suivre un gars avec un short à fleurs orange qui roule à peu près comme moi. Au moment où, à bout, je le lâche (on a beau dire qu’on y va tranquille, on ne peut pas s’empêcher de se mettre dans le rouge …), Fabrice me rattrape, je décide de prendre sa roue et j’ai bien raison ! Il est surpris que je reste derrière lui mais on continue ensemble. On va de gros pelotons en gros peloton, c’est assez dense au départ. Le bitume est parfois tellement lisse qu’on dirait un tapis de super marché !
 
A peine le temps de se mettre les idées en place, c’est déjà le km 20, je suis toujours dans la roue Fabrice…et c’est sec ! On passe la descente où il y a des tapis sur le côté à fond les ballons, c’est super !
 
Plus tard, dans une descente où je ne me suis pas très bien lancée, je décroche mon peloton, ceux de derrière me doublent au lieu de me pousser, je ne peux rien faire ! Je les vois tous s’éloigner…. Je suis déçue de me dire que je ne pourrai pas rester plus longtemps avec Fabrice, mais je sais que je ne suis pas seule et que pleins de pelotons sont derrière moi ! Je rattrape un gros groupe de filles, je roule un moment avec elles. Elles me lâchent dans une côte. Devant moi, une autre fille est lâchée. Je me dis que je vais la recoller … je me rapproche, je me rapproche, et je me rend compte que c’est JANA Olssowa de Mont Blanc roller ! Je lui dis « aller, viens on les recolle ! » trop contente de rattraper une nationale qui était bien plus forte que moi l’année dernière à la F.I.C. en open.
 
On se fait happer par un grand groupe d’allemands (ils m’aboient des trucs en allemands, je dis « yes yes » sans comprendre), je m’accroche bien, et là le rythme augmente sacrément sur une 5 ou 6 km. On double le groupe de filles, quelques unes s’accrochent et on recolle un gros peloton. Et là, dans un virage, j’aperçois Fabrice à la tête de ce peloton ! Un quart d’heure plus tard, j’en ai marre de faire le yoyo, je décide de passer devant et de rejoindre Fabrice. Malheur à moi, je suis suivie et du coup je mets un beau bazar dans le groupe ! A peine les retrouvailles fêtées, tous ceux qui m’ont suivi nous doublent et on se retrouve à nouveau vers la fin du peloton.
De côte en côte, de descente en descente, le groupe s’éparpille. Fab lève parfois le pied pour rester avec moi … Des économies d’énergie qui lui permettront de faire la fusée dans les derniers kilomètres.
 
On roule parfois seuls, parfois avec des petits groupes … on est tellement heureux de pouvoir partager ce moment extraordinaire ensemble ! Au kilomètre 50, il se met à flotter. Je vois les patineurs qui arrivent en face et qui sont de retours. On se fait doubler par de petits pelotons que l’on suit parfois sur un ou deux km. Je me dis que Yves, Jana et Solen ne doivent pas être loin. Sur le retour, je fais coucou aux patineurs venant en face. Et là, surprise, alors que je ne la croyais pas loin, je vois Solen que j’encourage. Elle patine seule, je me dis qu’elle doit en baver. Je ne comprends pas comment j’ai fait pour être 15 km devant elle alors qu’elle m’a gratté en beauté à Dijon ! Connaissant la grimpeuse, je me dis qu’elle se réserve pour les côtes de la fin.
Fabrice et moi commençons tous les 2 à sentir des douleurs dans les pieds, c’est peut être par là que je vais craquer …comme le sol est glissant et que j’ai des roues neuves, je n’ose pas me lâcher ni en descente ni en virage. Du coup, je n’arrive jamais à rester dans un peloton. Fabrice m’attend à chaque fois … je me dis que je le ralentis. En plus, je sais que les grosses côtes de la fin approchent. Un moment je prends un virage trop large et j’envoie le gars derrière moi dans l’herbe… il ne tombe pas, ouf ! Je suis rouge de confusion…
 
Au kilomètre 85 ou 90, Yves nous double. Venant d’un grand habitué des longues courses de ski de fond, cela ne nous surprend pas. On le compare à une pile Duracel…On ne pense même pas à prendre sa roue ! Sacré Yves...
 
Au km 95 je n’en peux plus, j’ai mal aux pieds, j’ai du mal à respirer et je commence à avoir envie d’aller aux toilettes. Un gars nous double, en condition normale je n’aurais pas eu de problèmes pour l’accrocher mais là impossible d’augmenter le rythme. Je fonds en larme, ce sont les nerfs qui lâchent et supplie plusieurs fois à Fabrice de partir avec le gars, que je l’ai assez ralenti comme ça. Hop, je le vois partir devant avec son beau patinage, je souris.
 
Il ne me reste plus beaucoup de kilomètres. Je demande combien il en reste à des gens et tous me disent un truc différent. J’en bave. Je pleure dans toutes les côtes, surtout quand je vois ces gens qui m’encouragent à coup de son de cloche et de « hop hop hop »… ça me fait quelquechose dans le cœur que je ne peux pas maîtriser ! C’est très émouvant. Au dernier ravitaillement je me pointe toute seule, et chacun me tend un truc « Iso ! Water ! » Ca me gêne de rien prendre !
 
Les dernières côtes sont vraiment dures, surtout pour le moral. Des gars me doublent, des filles aussi, alors j’enrage un peu, je redonne deux malheureux coups de patins et les regarde s’éloigner. Je ne fais plus d’effort pour avoir une belle technique, je m’en fous, je veux arriver en haut de cette côte et faire pipi ! Les derniers km sont 50 % douleur et 50 % joie, joie de sentir la fin approcher, de me dire que je l’ai fait ! Enfin, après une mini cote très raide où j’ai failli repartir dans l’autre sens, voici la ligne d’arrivée, ouf ! Ca y est, j’ai fini. Je suis là, complètement démunie, en pleurs, sans parvenir à connecter deux neurones pour décider de m’asseoir. Enfin je trouve une place sur un banc, je mets bien 10 minutes à ôter ces étaux que j’ai aux pieds dans lesquels je fais floc floc depuis 2 heures et demie. Des gens alarmés me demandent si je suis OK je dis "I'm OK, I’m Happy !!!" et je rigole, je n'arrive pas à ôter mes patins et en plus je suis frigorifiée et j'ai envie de faire pipi .... Je passe enfin aux toilettes, ah, le bonheur !
 
Je vais clopinant comme je peux au vestiaire, toujours en larme avec un grand sourire et là je retrouve Yves et Fabrice. Je dois faire une drôle de tête parce qu’ils se foutent bien de moi ! Je suis consolée et félicitée, et bientôt douchée … Ouf, c’est fini, ouin, c’est fini !
 
 
Ce qui est extraordinaire c'est que Fabrice et moi avons patiné 95 km ensemble, je ne sais pas si beaucoup de couples peuvent partager ces longs moments ensemble. C'est vraiment magique. Je n'ai jamais vu une course de si bien organisée (80 € l'inscription quand même), ravitaillement à moto (eau, isotar, barres énergétiques, fruits ...), les gens qui nous encouragent même sous une pluie battante avec les cloches et les "hop hop hop" traditionnels du ski de fond... Bitume nickel, pour des petites routes qui passent devant les cours de fermes, bravo les Suisses !!!! 
 
Voici les résultats :
 
Meilleurs hommes : 3h19 soit du 33 km/h de moyenne !!! C'est incroyable de tenir 111km à ce rythme !
Meilleures femmes : 3h44, chapeau. Apparemment elles se seraient gamellées au début ?
Yves : 4h08 (bravo…) malgré une chute apparemment spectaculaire au dernier kilomètre mais plus de peur que de mal.
Fabrice : 4h11, en m’ayant attendu souvent.
Moi : 4h19.Je suis vraiment épatée de nos performances. Vu le temps atroce, je visais plutôt les 5h00 ...  Je termine 21 ème fille et 13 ème de ma catégorie. Sauf que dans ma catégorie courent aussi les élites (c'est comme ça en suisse) les Nicole Begg, Ghizlane Samir .... Je ne termine qu’une demi heure derrière ! Au scratch général, je dois être 220 ème sur plus de 900 participants !
Mis à part ces 20 dernières satanées bornes, c'est passé comme une lettre à la poste. Le dimanche se termine avec les genoux tous rouillés. Un bon mal de dos pendant eux jours et hop c’est reparti pour l’entraînement, c’est que la Transroller approche ! Vivement l’année prochaine, je croiserai les doigts pour qu’on ait le beau temps ! 
(et non on a eu aussi la pluie l'année d'après, j'ai améloiré mon temps d'une pincée de minutes seulement, et ai encore une fois réussi à rouler avec Fabrice ! Sauf qu'à la fin, malgré les larmes et la souffrance, c'est moi qui l'ai laissé sur place, faut dire que Marie était pas loin derrière moi, lol...)
 
Clairette

 

La course élites

 
Le départ est donné à 7h du matin et regroupe des patineurs de tous les niveaux qui sont venus en découdre avec les dénivelés. Imaginez un ruban d'asphalte lisse qui s'étend à travers les paysages suisses et pimenté par quelques montées et descentes impressionnantes. Les attaques et les abandons y sont monnaie courante. Les ravitaillements sont fréquents, complets et variés :
Comme les gens ont l'habitude de la dire, le climat change facilement dans la région après le 15 août... la pluie n'a pas démentie et s'est abattue sur la course. La température de 13°C , l'eau et les routes glissantes mettent les organismes à rude épreuve. Les chutes sont inévitables.
Du côté des élites, Franck Cardin (Saab Salomon) et Arnaud Gicquel (Saab Salomon) s'élancent comme s'ils partaient pour un marathon. Un groupe d'une vingtaine de patineurs prend la tête et relaie. Après 60km, Cardin et Gicquel essaient de s'échapper l'un après l'autre mais sont à chaque fois rejoints par d'autres patineurs tels que Massimiliano Presti (Fila International), Tristan Loy (Inline St.Gallen Speed), Matthieu Boher (Team Nantes Atlantique), et Nicolas Iten (Fila Mentos)(Fila Mentos). A 20km de l'arrivée, Arnaud Gicquel est touché par une crampe et doit réduire sa vitesse.
Franck Cardin continue à suivre la tête de course. Ces derniers kilomètres sont redoutables à cause d'une longue côte qui amène à la ligne d'arrivée.

La dernière attaque est décisive, Nicolas Iten (Fila Mentos), le nouveau champion d'Europe du Marathon franchit le premier la ligne d'arrivée. Il est suivi par Tristan Loy et un peu plus tard par Marc Christen. Franck Cardin termine 5ème une semaine après sa victoire à Berne. Arnaud Gicquel qui redémarre tout juste sa saison, suite à sa blessure à la clavicule prend la 9ème place au scratch et la 4ème place de sa catégorie.
Chez les femmes, la victoire finale revient à Nicole Begg. Elle est suivie de Pia Knecht et de Ghizlane Samir. La dernière course de la saison se tiendra à St Kanzian en Autriche, le 3 septembre. Ce sera une Course de classe 1 comptant pour la World Inline Cup.
 
 
Résultats

Course élite hommes1. Iten Nicolas, Fila Mentos Team, 3:19.05
2. Loy Tristan, Inline St.Gallen Speed, 3:19.12,71
3. Christen Marc, Bont International, 3:19.21,46
4. Presti Massimiliano, Fila International, 3:19.21,86
5. Boher Matthieu, Team Nantes Atlantique, 3:19.28,40
6. Cardin Franck, Saab Salomon World Team, 3:19.46,84
7. Perthuis Benoit, World Inline Center 3:20.14,48
8. Henry Sébastien, 3:20.32,60
9. Gicquel Arnaud, Saab Salomon World Team, 3:21.40,46
10.
Thalmann Peter, World Inline Center, 3:22.08,77
 
Course élite femmes
1. Begg Nicole, Saab Salomon Switzerland, 3:44.39,70
2.
Knecht Pia, Saab Salomon Switzerland, 3:44.42,15
3. Ghizlane, World Inlincenter Model, 3:44.46,25
4. Stenekes Nienke, Athleticum Rollerblade, 3:44.46,82
5. Mailard Anne-Claire, 3:44.46,92
 
Par Clairette - Publié dans : clairette-roulette
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